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Dernière mise à jour : 4 août 2021


PLACE COMMUNALE (Maison de commune)


Les archives d’Hippolyte Pignat nous renseignent sur la création de cette place et la construction de la Maison de commune. Le 23 mars 1838, un grand incendie détruit un quartier du centre du village, de l’actuelle rue E.-Bonjean à la rue du Carro sans toucher la Tour et quelques maisons en pierres. Le Conseil communal décide alors d’acheter les ruines des maisons brûlées et une partie des jardins de la Tour pour construire une maison communale. C’est une période d’effervescence dans tout le Valais : luttes politiques, combats entre le Haut et le Bas, mobilisation des hommes du village... Malgré l’agitation politique, en 1841 Vouvry se dote de nouvelles armoiries et on confectionne un drapeau nouveau, rouge et bleu avec l’aigle noir et les 3 étoiles (il est déposé au musée). On crée l’école des filles dont Sophie Parchet est la première institutrice. En 1842, on fait appel à des religieuses enseignantes françaises. On fixe définitivement l’emplacement de la maison communale dont les travaux commencent en décembre.

En 1843, on signe le marché avec les tailleurs de pierres et on choisit un entrepreneur, le maître-maçon Jean Rigoli. Mais la guerre civile éclate, Jean Rigoli est tué à la bataille du Trient avec 7 citoyens de notre village. Son cousin Joseph Rigoli reprend la conduite du chantier, les habitants du village y participent nombreux et en décembre on lève la charpente, œuvre du maître charpentier Jean Viel de Vionnaz. Dans nos archives, on ne parle plus de la maison de commune durant la période du Sonderbund, ces terribles luttes politiques et guerrières qui agitèrent la population suisse. La paix revenue, en 1855, un nouveau conseil communal, à peine élu, décide d’activer les finitions du bâtiment afin que les séances des autorités n’aient plus lieu dans les pintes. Menuisiers et gypsiers s’en occupent immédiatement. Pendant cette même période, la construction de la ligne de chemin de fer progresse.

En 1858, les autorités décident de faire construire une fontaine sur la place communale. Cette même année, on ouvre à neuf le chemin qui conduit à la gare. L’inauguration de la ligne de chemin de fer a lieu le 15 juillet 1859. Le buffet de la gare date de 1860 et la plantation des platanes en 1861.

En 1862, une religieuse originaire du village, Antoinette Pignat en religion Sœur Rosalie, offre de venir avec une consoeur, tenir l’école des filles. Les religieuses vivent dans une partie de la maison communale, avec escalier particulier pour elles et les classes des filles.

En 1875, on crée une petite pharmacie tenue par ces religieuses.

En 1876, on organise dans la maison communale un bureau pour l’office d’état civil et on installe une école enfantine mixte au rez-de-chaussée. Sur le toit se trouve un clocheton. Matin et après-midi, une petite cloche appelle les élèves à l’école. Si l’utilisation de notre maison de commune a beaucoup changé au cours des ans, son aspect extérieur est resté le même. Musée du Vieux_Vouvry Quant à la fontaine, c’est en juin 1863 que le Conseil communal a proposé de commander une fontaine qui aurait été payée par les usagers sous forme d’actions de Fr 40.- (l’équivalent de 2 mois du salaire d’un ouvrier d’alors). Après de nombreuses discussions pour trouver l’argent, la commande est passée en 1867. Le bassin hexagonal sera taillé dans les blocs de granit que l’on trouvait en abondance sur le coteau. Le tailleur de pierre est un tessinois émigré, Monsieur Florentin Ortelli, travaillant aux carrières de Monthey. Journal du haut-Lac, 2 avril 1968 JM_H

 

Bibliothèque (Ecole à Vouvry)

Premier témoignage à notre connaissance, en 1821. Vouvry, par décision de son conseil communal, avec l'instituteur Benjamin Gatto, adopte avec succès "l'enseignement mutuel", méthode pédagogique libérale et laïcisante, malgré l'opposition de l'Eglise.

Les classes à Vouvry en 1861

A cette époque, il y a deux classes de garçons et deux de filles au village et une classe mixte à Miex. Selon le protocole de la séance du Conseil communal du 31 octobre 1861, les écoles de plaine durent dix mois et celle de Miex six mois, à partir du 4 novembre. Le régent de la montagne reçoit 200 francs, payables par trimestre. Les deux régents de la plaine perçoivent, pour le premier 500 francs pour dix mois, et pour le second 200 francs pour six mois. Les deux institutrices ne sont payées que 275 francs pour la première et 225 francs pour la seconde, pour dix mois de service ! Les instituteurs et institutrices de la plaine, étant tous ressortissants de la commune, ils n'ont droit ni aux logements, ni aux jardins. L'école de Miex est confiée à François Primmaz, la première école de garçons de la plaine à Aristide Hugon. La première école de filles est confiée à Irène Bays, la seconde à Laurence Pignat. Vacances et mois de scolarité

Il y a 8 jours de vacances à Pâques. Ainsi les parents disposaient de leurs enfants pour planter les pommes de terre. D'ailleurs, les vacances de Pâques étaient moins fixées en fonction de la fête elle-même que des caprices de la nature. Les vacances d'été sont aux mois de septembre et octobre afin que les enfants puissent aider aux récoltes, aux vendanges et garder le bétail. Pour la période de mai à août, il est probable que de nombreux grands garçons soient dispensés d'école pour garder chèvres, veaux ou génisses à l'alpage ou faire les foins. Les petits et les filles jouissent quant à eux des dix mois de scolarité. Les Sœurs de la Charité

En 1862, Sœur Rosalie Pignat s'offre à venir tenir les classes de filles avec deux autres religieuses pour le prix de 800 ou 900 francs, outre les accessoires d'un petit ménage et le bois de chauffage. Le conseil communal consent à les payer 600 francs pour dix mois d'école en mettant à leur disposition un logement meublé, cave, jardin et bois de chauffage rendu en magasin. A l’époque et jusque dans les années 60, les sœurs vivent dans la maison de commune, un escalier en bois en assure l’accès ainsi qu’aux classes de filles. Les sœurs tiennent régulièrement plusieurs classes enfantines et primaires jusqu'en ... 1981 ! En plus de l'enseignement, elles entretiennent le linge de l'église, s'occupent de la sacristie, fleurissent l'autel et visitent les personnes âgées et les malades.

Sources Les sœurs de la Charité Souvenirs de Jean Métayer Musée du Vieux-Vouvry - F. Oberholze


 

La Place de la Banca

L'origine du mot BANCA n'est pas connue mais le rôle de cette place dans la vie du village nous inciterait, peut-être, à considérer le mot Banca comme une déformation de Ban.

BAN du germanique bann / ordre ou défense proclamée sous peine d’amende. En Suisse, mettre à ban/ interdire d’accès.

D’après Bossard et Chavan Autrefois, chaque dimanche après la grand-messe, l'huissier communal publiait les annonces officielles. Il se tenait debout sur des escaliers, au coin de la place de la Banca. Monsieur Walter Cornut doit avoir été le dernier à exercer cette fonction. Quant au crieur public, il parcourait les rues du village avec son tambour pour rassembler les habitants du quartier et leur lire les décisions du Conseil Communal ou tout autre avis comme les coupures d’eau, d’électricité. Sa fonction de crieur valut à Victor Coppex le surnom de Blabla, à une époque où les Tsinos se donnaient volontiers des surnoms... Cela viendrait de sa façon de taper sur son tambour...


 

Avenue de l’EGLISE

L'avenue de l'église, autrefois pavée de galets du Rhône, a été redressée, élargie et goudronnée. Au cours des siècles, l'emplacement des églises successives n'a guère varié, si ce n’est dans leur orientation. Ce lieu avait été choisi par une population habitant plutôt le haut du coteau, loin des crues du fleuve et de la plaine marécageuse. Le clocher actuel a été construit vers 1440 pour une première église orientée à l’est qui a été remplacée par une plus grande vers 1490 et par celle que nous connaissons, édifiée entre 1819 et 1822, et orientée vers l’ouest par manque de place.

Sources : L'église Saint-Hippolyte de Vouvry – Commune de Vouvry 1980


Eglise Saint Hippolyte

Les premiers témoignages du christianisme à Vouvry sont des pièces de monnaie retrouvées à la Porte du Scex portant l'effigie de Sainte Hélène (270-327). A partir de 1204, la paroisse de Vouvry est desservie par les chanoines du Grand Saint-Bernard, et ce jusqu'en 1995. Ensuite, celle-ci le sera par les prêtres du diocèse de Sion. Une première église est édifiée sur le site actuel, comme en témoigne le clocher actuel et sa flèche octogonale datant de 1440 environ, œuvre de Falco Gallien. Le choeur et la nef gothiques sont construits entre 1460 et 1496, par Jean Dunoyer (ou De Nucé). L’église actuelle date de 1822, vu sa taille, elle est orientée vers l’ouest.

Les vitraux

Le double vitrail de la fenêtre du choeur date de 1488. L'un représente le maître de l'ouvrage agenouillé auprès de Saint Hippolyte, et l'autre l'abbé de Saint-Maurice Guillaume Bernardi implorant Saint Maurice. C'est le seul pour cette époque de ce format et de cette qualité conservée en Valais. Dès 1740 l'église gothique est jugée trop exiguë et trop vieille. En 1812, décision est prise par le conseil municipal de bâtir une nouvelle église, ce qui sera réalisé entre 1819 et 1822 dans un style imitant les églises baroques italiennes, n'épargnant que peu les objets de l'Ancien Régime et les murs de Jean Dunoyer. Seuls l'encadrement de la porte Sud, un encadrement de fenêtre à la sacristie et le double vitrail du choeur témoignent encore de l'ancien édifice gothique. Les orgues, fabriquées par Jean-Baptiste Carlen entre 1822 et 1831, parmi les plus grands instruments historiques du Valais, sont classées d'intérêt national.

Les cloches

Les cloches actuelles datent des 19e et 20e siècles : trois petites, l'une en do dièse, les deux autres en ré dièse et fa, deux moyennes respectivement en sol dièse et en le dièse, une grande, en fa. Saint-Hippolyte, patron de la paroisse, aurait été soldat ou geôlier selon la légende, revêtu d'une armure et équipé d'armes. En 1974 la statue en bronze le représentant est installée sur la façade.

 

Usine électrique

La production électrique Dès 1902, une centrale électrique turbine les eaux du lac de Taney et ses 3,5 millions de m3 sous une chute de 915 m, qui fut à l'époque la plus haute du monde. Entre 1965 1999, la centrale thermique de Chavalon a permis la production d'électricité au moyen de la combustion de pétrole lourd acheminé de la raffinerie de Collombey par un oléoduc.

Source Musée du Vieux-Vouvry - F. Oberholzer


L’électricité à Vouvry

Dans les années 1860, un jeune vouvryen né en 1860, Louis Dumont, essaie de turbiner l’eau de la Meunière (dérivation du Fossau) dans sa petite usine de Sâle. Il réussit à allumer une ampoule mais ne poursuit pas ses essais. Devenu ingénieur, on le retrouve à Bellegarde en France pour son premier projet hydraulique en 1873. Pour construire un barrage sur la Valserine, il vend tous ses biens à Vouvry en 1879. Véritable entrepreneur, Dumont étend ses activités et Bellegarde devient la première ville française avec une éclairage électrique en 1884. La centrale créée par Dumont disparaitra en 1948.

L’usine électrique de Vouvry

Comme Louis Dumont en France, nos ingénieurs suisses veulent développer cette nouvelle ressource : l’électricité. En janvier 1901, une visite au lac Taney est décisive. On va turbiner l’eau de ce réservoir naturel. Une conduite forcée sera posée de Taney à Vouvry où seront les turbines. Des puits dans le lac, un tunnel, une conduite horizontale amènent l’eau au point de chute choisi : 920m en ligne droite ce qui fait de cette chute la plus haute du monde en 1902. On imagine le travail colossal pour l’époque car tout déplacements se fait à pied et à cheval. Un chemin de fer aérien est installé pour transporter des tuyaux de 5 ou 10m de longueur, pesant 800 à 1000kg. Actuellement, la vénérable conduite a été remplacée en suivant un nouveau tracé. L’usine électrique est toujours en activité.


 

La fabrique de carton

Débuts : peut-être au XVIe siècle déjà. Le 17 décembre 1636, la Diète réunie à Sion autorise la construction d’un moulin à papier à Vouvry. Le Grand Châtelain Christian de Nucé en est le propriétaire. L’eau pure du Fosseau influence le choix du site car 1 kg de papier nécessite 1000 l. d’eau. Les chiffonniers parcourent la région à la recherche de vieux chiffons: la matière première.

En 1664, Kaspar Stockalper est propriétaire et met la papeterie en gérance. Au XVIIIe siècle, divers propriétaires se succèdent : Pignat, de Nucé, de Rivaz, Parchet...

En 1819, un incendie détruit complètement la papeterie. Au début du XIXe siècle, la papeterie est reconstruite mais c’est une période difficile pour les anciens moulins à papier à cause des nouvelles machines à faire le papier.

Dès 1842, des propriétaires suisses alémaniques reprennent la fabrique : WEBER et SCHOCH.

En 1861, WEBER et SCHOCH lancent la fabrication du carton et du papier d’emballage.

En 1862, SCHOCH et FIERZ se spécialisent dans le carton.

En 1874, un second bâtiment est construit plus bas à la place d’une ancienne tannerie.

En 1890, on remplace la roue hydraulique par une turbine à force mécanique. Nouveau directeur Ulrich SCHELLING.

En 1910, arrivée de l’électricité, belle production avec des installations modernisées.

En 1914, nouvel hangar de séchage.

En 1932, lancement de la production de contrefort de chaussures et de carton-cuir.

En 1959,30 employés pour 1200 tonnes de carton.

En 1942, création de la Société Albert SCHELLING et Cie avec 21 employés et ouvriers. Constants investissements et modernisations des installations.

Années 70, Albert et Louis SCHELLING (la 3ème génération) modernisent encore davantage l’usine et produisent divers types de carton avec 40 employés.

Années 90, une nouvelle société anonyme Vouvry-Cart reprend les installations. La production continue malgré beaucoup de difficultés conjoncturelles. 1999, fin de la production, la Commune de Vouvry rachète l’ensemble de la fabrique.

En 2000 au printemps, au printemps le site est rasé. Le terrain attend toujours une nouvelle affectation.


 

Rue de Sâle

SÂLE : c'est le nom d'une rue mais aussi d'un quartier du village. Donner le sens étymologique du mot est difficile car les chercheurs ne sont pas d'accord entre eux. Pour Bossard et Chavan, Sale pourrait signifier une maison à une pièce .

du germanique sal Bossard–Chavan – Nos lieux-dits Une page, tirée d’une publication de Paul Parchet sur les Emigrants de Vouvry et de Miex, décrit bien le rôle des petites maisons du Sâle d’autrefois. « Emmanuel Delavy, de Miex, était né en 1796. Le jour de son baptême, son père l’avait installé dans une cavagne (hotte) et, accompagné d’une tante, était descendu à Vouvry.

Au sommet du village, ils avaient ouvert leur pied-à-terre pour se changer, mettre les habits du dimanche et les “ boté prainmé ” (souliers fins) qu’on quitterait pour remonter en Miex. Le petit Emmanuel devait venir bien souvent ici dans sa vie. De la rue en pente du quartier de Sâle on monte quelques marches et on entre dans la cuisine où deux personnes sont à l’étroit. Une minuscule fenêtre à petits carreaux donne un peu de jour alors que la grande cheminée laisse entrer le vent. Contre la fenêtre une glace pour se raser, une étagère dans le coin et la “cafète” (cafetière) sur le foyer. La chambre, borgne, est boisée et les placards renferment les habits du dimanche que l’on met seulement quand on est à Vouvry. La cérémonie du baptême terminée, on était revenu à la chambre avec le poupon et les voisines faisaient la causette. Satisfait du devoir accompli, le père s’était échappé à l’auberge, en face, où, en ce dimanche après-midi, on jouait aux quilles aux monts et à la “mourra” (ce jeu n’était pas encore interdit). En fin d’après-midi, on rapporta le petit Emmanuel, toujours avec la cavagne, à la maison sur la pente, au-dessous de Miex, où débuta son existence d’enfant pauvre. ·


Témoignage recueillis auprès des descendants d’Emmanuel Delavy eu Miex par Paul Parchet · Notes historiques d’Hippolyle Pignal · Comptes d’Alexandre Cornut, président de 1810 à 1821


 

Four à Chaux (Rue des Fours)

Origine du mot four en patois forni / four

ancien français forn, fornel, forniere, fournel, fourniere / fornage, fornaige / four, fournaise fornais, fornaz, forneys / fournaise

en latin fornax / four, fourneau fornus / four à pain

en français four / ouvrage de maçonnerie, voûté, comportant une ouverture à l ́avant, dans lequel on fait cuire le pain, la pâtisserie, etc. Certains de ces noms sont devenus des patronymes.

D'après Henry Suter Noms de lieux de Suisse romande

On donne ce nom à un lieu où se trouvait un four, souvent un four à chaux ou à minerai, ou un four à fabriquer le charbon de bois. A Vouvry, c'est en contre-bas de cette rue que se trouvait la première usine à chaux du village: l'usine du Moray. Des hauts-fourneaux il ne restait, sur le terrain, qu'un grand mur où l'on distinguait encore le tracé des portes par lesquelles on sortait la chaux après cuisson.

Un grand bâtiment d’habitation recouvre depuis 2015 le site des fours. La carrière des Perreyres, située sur l'ancien chemin de Chavalon, fournissait la pierre calcaire qui devait cuire dans les fours pour se transformer en chaux.

Quelques dates citées par Jean-Paul Pignat, auteur d'un historique des usines de chaux et ciments de Vouvry.

En 1913, Robert Leutwyler dirige l’usine de Moray.

En 1914, cette usine est condamnée à verser une indemnité annuelle de Fr.150.- à un certain Pignat, propriétaire voisin de l'usine, pour le dédommager car les poussières, produites par l’usine, déprécient sa maison.

En 1917, l'usine de Moray livre encore de la chaux à l'usine de carbure, sous la gare CFF.

En 1921, l'usine est arrêtée car les machines et la qualité de la chaux ne peuvent plus lutter contre la concurrence.

En 1921, mise en vente de l'usine avec la maison, le jardin, le moulin et le hangar pour la somme de Fr. 32450.-

En 1923, la société est dissoute et Robert Leutwyler devient contremaître de la carrière de Pierre-à-Perret qui fournit la pierre pour l'usine de ciment du Gros-Large.


 

Avenue du FOSSAU

Fossau du latin FOSSATUM / lieu enfoncé, encaissé

Ce nom est très souvent donné à des torrents qui creusent leurs rives. A Vouvry, l'observation des lieux et l’histoire du cours d’eau au fil des siècles confirment le choix de son nom.

D'après Henry Suter Noms de lieux de Suisse romande

Rue du PRE-DES-CLOCHES

Un pré situé dans cette partie de notre commune était attribué, autrefois, au sonneur des cloches de la paroisse, en guise de salaire. Cette anecdote a été racontée par Monsieur Emmanuel Planchamp lors d’une enquête faite par les élèves de la classe primaire de Françoise Oberholzer.

 

Vue sur le château (La porte du Scex)

1672 – 1815 Lorsque les premiers habitants de Vouvry défrichent le coteau, ils découvrent l'étroit passage entre le roc et le marais où divague le fleuve. Ils décident de construire une lourde porte qui est gardée afin de protéger leurs champs du pillage. Des monnaies romaines des 3e et 4e siècles, de l'empereur Aurélien et de l'impératrice Hélène, découvertes en 1824 dans une espèce de redoute murée sur le site attestent de la présence d'un péage à l'endroit de cette "porte dans le rocher" (= sex, rocher, vient du latin saxum).

La construction du château de la Porte-du-Scex se déroule entre 1672 et 1678 (document rero.ch) aux frais des communes du dizain valaisan. Il est primitivement entouré de fossés et l'on y accède par un pont-levis, aujourd'hui disparu. En plus de poste de garde et de douane, il sert notamment de dépôt de sel et de résidence au châtelain du Bouveret qui, finalement, ne l’occupera jamais. Plan de la porte (1824)

En 1815, le passage de la porte n'est plus payant... Le pont-levis est supprimé et le fossé est comblé.

De 1937 à nos jours

En 1937, on voyait encore, dans les murs reliant la tour au rocher, les gonds de la porte voûtée et fortifiée. Cette même année, ce mur crénelé qui fermait le passage est démoli pour adapter la route à la circulation automobile qui augmente sans cesse. Aujourd'hui le château abrite le musée du Chablais.

Sources diverses Musée du Vieux-Vouvry - F. Oberholzer Médiathèque Valais - portail de l'histoire valaisanne Franchissement du Rhône et inondation

Jusqu'en 1838 on franchit le Rhône en bac. Du matin au soir, c'est un va-et-vient incessant du bac. En raison du fort trafic de bateaux naviguant sur le fleuve, il faut parfois crier et attendre des heures entières pour se faire entendre des bateliers et pouvoir traverser. En 1838 un pont de 60 mètres en bois de mélèze est construit sur le canal Stockalper et le Rhône. En 1902 un terrible orage provoque la rupture des digues du Rhône et noie la plaine sous un mètre d'eau. La communication entre Le Bouveret et Vouvry se fait par bateau. La façade nord-ouest du château s'écroule sur la voie ferrée et le pont de bois est emporté. Celui-ci est remplacé par l'actuel pont en fer en 1904. A cette époque, une telle construction demandait un certain sens de l'équilibre.


 

Avenue de SAVOIE

du gaulois sapo / sapin et uidu / arbre, bois Au cours des âges, le nom a évolué Sabaudia, Sapaudia Sabogla, Saboia, Savogia et enfin Savoie. Henry Suter – Noms de lieux de Suisse Romande

La Savoie, appelée Sapaudia par les Romains, a une histoire liée au Chablais durant plusieurs siècles. C'est en 1536 déjà que notre district actuel cherche à se libérer des Savoyards en demandant la protection du Haut-Valais.

En 1569, le traité de Thonon divise le Chablais en 3 territoires qui ne vont plus être modifiés : Chablais savoyard, Chablais vaudois, et la région de Monthey qui se soumet à l’autorité des Valaisans. C’est le début d’une autre histoire de conquête de l’égalité pour notre Chablais valaisan.

Nommée Sapaudia en 354 dans un document officiel (mot qui signifie le pays des sapins) ce nom a une origine certainement plus ancienne, lorsque les écrits n’existaient pas encore...

 

Rue Alfred-POT Président de la Commune de Vouvry de 1919 à 1924

Alfred Pot est né à Vouvry en 1874, il était le fils de César et d’Elise Vuilloud.


En 1896, à 22 ans, il est élu conseiller communal. Marié à Adèle Vuadens (1872-1903), le couple aura deux enfants: Elise (1899-1967) qui se mariera avec Henri Coppex Léonce (1902-1930) marié à Maria Pignat. Alfred était un homme intelligent, droit, honnête et bon. Pour toutes ces qualités, il a été Président de la Commune de 1919 à 1924, après le décès d’Emile Pignat. Il fut aussi député au Grand- Conseil de 1920 à 1944. Agriculteur avec un petit train de campagne, il avait une passion: la viticulture. Au village, il fut le premier à greffer des cépages sur des porte-greffes américains, résistants à l’attaque du Phyloxéra qui ravageait nos vignobles. C’était aussi un très bon tireur, capitaine à l’armée. Amoureux des traditions, il a été l’un des membres fondateurs de la société des Vieux- Costumes devenue le Vieux-Vouvry. Alfred Pot est décédé en 1945.

Renseignements donnés par Paulette Coppex, belle-fille d’Elise


 

Usine de Ciment (Route de la Cimenterie)

Mais où est donc cette cimenterie ?

De l'usine, il ne reste que le bâtiment qui abritait les bureaux, l'infirmerie et l'appartement du directeur : notre Maison des Jeunes. Et le nouveau centre scolaire régional, construit de 2010 à 2013, occupe une partie du terrain, à la place de ce qui fut un fleuron de l'industrie vouvryenne.

Qu'est-ce que le ciment ?

Une poudre obtenue par la mouture, après cuisson à 1400°c. d' un mélange de roche calcaire, d’argile ou de marne. Cette poudre a la propriété de «faire prise» et de durcir au contact de l'eau. Les roches de la carrière de Pierre-à-Perret ayant les qualités nécessaires, la Société des Chaux et Ciments de Baulmes avait décidé de construire l'usine du Gros-Large en 1912 ainsi qu'une sorte de téléphérique à bennes pour amener les pierres de la Carrière à l'usine.

En 1914, l'usine produisait une dizaine de wagons de sacs de ciment par jour, soit 100 tonnes actuelles. Le charbon était amené de la gare par char à cheval.

En 1939, la production baissa, en 1943 le four de l'usine ne fonctionna même pas à cause du manque de combustible. A la fin de la guerre, l'usine a été réaménagée et la production a repris. L’usine produisait 30 000 à 40 000 tonnes par an. Mais en 1959, la production a été stoppée et l'usine s'est arrêtée définitivement en 1961. Ses bâtiments ont été détruits petit à petit par l'armée, la cheminée est tombée en 1976.

D'après Jean-Paul Pignat – Notes sur les usines de ciment de Vouvry

 

Café de la gare--Avenue de la GARE

Avec l'arrivée prochaine du chemin de fer, le Conseil Communal décida, en 1858, de créer un nouveau grand chemin : la rue de la Gare. Ceci nécessita des expropriations à Sous-Vanel et au Pré-de- Miâ, ainsi que le redressement du canal des Chambettes pour construire un pont digne de ce nom.

La ligne du Tonkin fut inaugurée le 15 juillet 1859.

En 1860, le conseil décida de construire le Buffet de la Gare.

En 1861, Michel Hippolyte Cornut et son fils Joseph allèrent jusqu’à Montreux avec un petit char pour acheter des jeunes platanes auprès de la commune. Les arbres furent plantés tout au long de la nouvelle rue, dès Sous-Vanel. A la même époque, on aménagea un nouveau chemin pour aller aux Barges et on planta des peupliers jusqu'aux Levaux.

D'après Hippolyte Pignat – Recueil de notes et documents historiques

Séchoir de tabac

En Europe, le tabac est arrivé au milieu du XVI siècle avec les conquistadors. Malgré son succès (ou à cause) le tabac est d’abord interdit par les autorités civiles et religieuses. Mais dès le XVII e siècle, son essor est remarquable. Sa culture se développe dans la plaine du Rhône asséchée dans les années 30. Dès 1934, quelques vouvryens se lancent dans la nouvelle culture. Pour en faciliter le séchage, les planteurs s’associent pour créer un hangar de séchage en 1945. Ainsi nait le Séchoir à Tabac Turmac SA qui est, en 1946, le plus moderne et l’un des plus grands d’Europe. Suivent des années de belles récoltes bien payées. Mais la diminution des ventes du cigarettes, de tabac à pipe, les difficultés du séchage artificiel de variétés non adaptées font que le Séchoir cesse ses activités en 1981.

Source : le Tabac dans la vallée du Rhône de 1700 à 1981 Divers collaborateurs : Editions Pillet Martigny 1981


 

Chemin de la PETITE-ILE


du patois ila du vieux français isle

du latin vulgaire isula

du latin insula


D'après Henry Suter Noms de lieux de Suisse romand


ILE : un terrain parfois inondable situé près d'un cours d'eau.


Lorsqu'on se penche sur les relevés cadastraux du début du siècle passé, on comprend facilement que certains lieux-dits de la plaine aient reçu le nom d'îles. Des fossés et des petits cours d'eau vagabondaient à travers des marécages créant des îlots de terrains moins humides. Le drainage des terrains a fait disparaître les îles mais les noms sont restés.


 

Rue de l’HÔPITAL

Si l'on consulte les Notes historiques d'Hippolyte Pignat, on y trouve la traduction d'un acte datant de 1325, qui rend compte de la vente de nombreux biens situés sur le port de Vouvry avec la moitié du bac existant en cet endroit. Les confins donnés pour certaines propriétés: le Toile et l'Ila, permettent de situer ces biens et le port à Sous-Vanel. Une copie de cet acte se retrouve dans nos archives car il existait des redevances sur certains de ces biens, en faveur de l'église et aussi dans l'intérêt de l'hôpital de Vouvry. C'est jusqu'à maintenant la seule mention faite d'un hôpital dans nos archives. A-t-il existé ou est-il resté à l’état de projet ? Si hôpital il y eut, ce n’était probablement qu’un simple hospice destiné à recueillir les malades contagieux, les voyageurs malchanceux et les pauvres hères. Sa situation à l'écart du vieux village serait tout à fait comparable à d'autres hospices en Valais, datant de la même époque.


 

Rue du Pied-de-Ville

Que voilà un grand mot pour un petit village comme le nôtre! Vouvry ne devait pas être si étendu lorsqu'on a baptisé ce quartier qui était bien au pied du vieux village.

PIED : un lieu qui se trouve au pied d ́une colline, d ́une élévation, d’une pente.

en latin pedis / pied

D’après Henry Suter Noms de lieux de Suisse romande

Le long de la rue du Pied-de-ville étaient installées des fumassières communautaires pour assainir le village car, à l’époque, de nombreuses familles possédaient une ou deux vaches dans des étables attenantes aux habitations. Les bêtes s’abreuvaient aux fontaines du quartier et on entreposait le fumier soit devant l’étable, soit au Pied-de-Ville si on habitait le bas du village.


 

La place du 21 juin


 

A la place (Avenue de Savoie)

La Savoie nommée Sapaudia en 354 dans un document officiel (mot qui signifie le pays des sapins) ce nom a une origine certainement plus ancienne, lorsque les écrits n’existaient pas encore...

du gaulois sapo / sapin et uidu / arbre, bois Au cours des âges, le nom a évolué Sabaudia, Sapaudia Sabogla, Saboia, Savogia et enfin Savoie.

Henry Suter – Noms de lieux de Suisse Romande

La Savoie, appelée Sapaudia par les Romains, a une histoire liée au Chablais durant plusieurs siècles. C'est en 1536 déjà que notre district actuel cherche à se libérer des Savoyards en demandant la protection du Haut-Valais.

En 1569, le traité de Thonon divise le Chablais en 3 territoires qui ne vont plus être modifiés : Chablais savoyard, Chablais vaudois, et la région de Monthey qui se soumet à l’autorité des Valaisans. C’est le début d’une autre histoire de conquête de l’égalité pour notre Chablais valaisan.


 

Avenue du Valais

Le Valais (canton suisse depuis 1815) se situe dans la haute vallée du Rhône. L’histoire de son peuplement est très complexe et d’origines diverses. Le Bas-Valais fut occupé par la tribu celtique des Nantuates, dont la capitale était Tarnaiae Nantuatium à l'emplacement de l ́actuel Massongex (district de Saint-Maurice), dont le nom vient de Taranis, le dieu celte du ciel. La traduction romaine du nom de cette tribu est Vallenses qui signifie « habitants de la vallée ». Ce nom désignera plus tard tous les habitants de la vallée du Rhône, la Pennina vallis ou Poenina vallis, puis pagus Valensis en 515, Territorio Vallensi en 563, comitatus Vallissorum en 839, Vallensis en 999, comitatus Valensis en 1025, aussi Valesia, Vallissi, Vaudum.

D'après Henry Suter – Noms de lieux de Suisse romande

Et notre village dans cette histoire ? Vouvry, longtemps possession des Ducs de Savoie, profite des luttes entre Hauts-Valaisans, Bernois et Savoyards pour demander la protection des Valaisans en 1536.

En 1569, le district de Monthey dans ses limites actuelles fait définitivement partie du Valais, mais il n’a pas les mêmes libertés que les autres régions du canton ce qui va faire souffler un air de révolte surtout vers la fin du XVIII siècle. La Révolution française, les guerres de Bonaparte, la domination française et la création de la République du Valais en 1802 font évoluer la situation.


En 1813, c’est la fin du Département du Simplon. Monthey devient un district à part entière.

En 1815, le Valais entre dans la Confédération suisse.

 

Statue Panaït Istrati

Roumain d'origine, Panaït Istrati est né le 10 août 1884 à Braïla, important port céréalier dans le delta du Danube. Il ne connaîtra pas son père, contrebandier de tabac qui meurt quand Panaït n'a que neuf mois. Le certificat d'études en poche, l'adolescent quitte sa mère pour vivre sa vie, multiplie les apprentissages, exerce cent métiers, s’engage sur un bateau et débarque à Alexandrie. Puis il parcourt tout le bassin méditerranéen. Avide de connaître la terre et ses habitants, passionné de lecture, c'est en Suisse qu'il découvre le Jean-Christophe de Romain Rolland lorsqu'il tente de soigner une tuberculose au sanatorium de Sylvana, près de Lausanne. Cette maladie ne va plus le quitter. Engagé pour travailler dans la plaine du Rhône, il fait connaissance d’Arthur Parchet qu’il n’oubliera pas.

Mais son destin bascule. Il rencontre Romain Rolland qui l'exhorte à écrire, pressentant chez cet oriental passionné la puissance créatrice et la violence du coeur.


En 1924 paraît Kyra Kyralina, livre qui va être traduit en une vingtaine de langues. Les oeuvres se succèdent: Oncle Anghel, Mes départs, Méditerranée, Les chardons du Baragan... Utilisant sa nouvelle notoriété, Istrati poursuit son combat pour les droits de l'homme et dénonce la terreur blanche dans les Balkans. Il offre un piano au pauvre musicien rencontré lors de son bref passage à Vouvry. L'Occident le déçoit, il part pour Moscou et voyage plus d'un an à travers l'URSS. Il en revient déçu et publie, en 1929, des témoignages accablants pour l'Occident et pour le bolchévisme. Dès lors, Panaït Istrati se retrouve seul, mais toujours solidaire des vaincus. Eternel opposant, il s'affirme comme l'homme qui n'adhère à rien. Toujours malade, il regagne son pays.

Panaït Istrati meurt à Bucarest le 16 avril 1935.


 

Statue Arthur Parchet

Une grande statue de bronze, œuvre de Blaise Planchamp de Vouvry, nos accueilles au départ de la rue consacrée au souvenir de notre musicien qui habita l’arrière de la maison qui donne sur la place, à l’ouest.

Les Parchet sont originaires de Vouvry. Mais Arthur Parchet est né à Clarens en 1878 . Ses parents, anciens précepteurs en Russie, avaient ouvert un pensionnat pour les jeunes gens de la noblesse russe.

Après ses études au collège de Sion, Arthur fait un détour par le Technicum de Bienne. Mais son attrait irrésistible pour la musique est plus fort, il sera musicien. Il s’en va étudier à Stuttgart et à Berlin.

Diplômé, il est nommé chef d'orchestre à l'Opéra de cette ville pour 4 ans. Puis, il séjourne dans diverses villes d'Europe centrale avant de se fixer à Heidelberg en 1907. Ses compositions sont très remarquées et une brillante carrière s'annonce. Il se marie en 1911 avec une musicienne cantatrice: Marguerite-Flora Silbermann.

L'Académie de Mannheim l'appelle comme professeur de composition mais... c'est la guerre ! La famille Parchet doit rentrer en Suisse et Arthur, sa femme et leur fils Rolf né en 1912, arrivent à Vouvry, le village d’origine de la famille où ils espèrent recevoir de l’aide car ils sont très démunis. Le musicien voudrait faire bénéficier ses compatriotes de toutes ses connaissances afin d'élever le niveau musical de son canton d'origine, mais... Arthur Parchet se trouve bien à l'étroit dans les fonctions qu'on lui propose !

En 1918, il est ouvrier agricole dans la plaine du Rhône et fait la connaissance d'un réfugié roumain, Panaït Istrati, qui va devenir un ami. Par lui, Arthur entre en contact avec Romain Rolland, Prix Nobel de Littérature, qui vit à Villeneuve.

Retiré à Vouvry, Arthur lutte contre la misère ; il compose des recueils de chants pour les écoliers, élabore un programme d'enseignement de la musique pour l'école normale mais il est totalement incompris par les autorités.

Ses jugements sur la valeur musicale des fanfares, des catastrophes ambulantes dit-il, lui attirent de très nombreux ennemis. Sa femme meurt en 1927, il perd son fils Rolf, ouvrier et boxeur, en 1932.

Quelques amis fidèles, sa famille, les autorités communales et tant de villageois anonymes viennent en aide au malheureux musicien. Panaït Istrati lui fait parvenir un piano. Sa dernière joie, c'est la fondation de son petit choeur-mixte qui donnera plusieurs concerts d'un excellent niveau.


“…mon art est tout pour moi et la vie ne m'est une valeur qu'autant qu'elle me permet de le cultiver. L'impossibilité de le faire est pour un artiste pire que la mort. Et cet état de choses a fait de moi un révolté…” (1 novembre 1944 - Lettre à son ami René-Pierre Bille)

Arthur Parchet meurt à la Clinique de Saint-Amé de Saint- Maurice le 20 février 1946. Il repose à l'ombre du clocher de Vouvry.

Tiré de Vallesia – tomeXXXVI - Sion 1981 D'après le texte de Jean Quinodoz


 

Ruelle des LAVANDIERES

Les lavandières d’autrefois venaient au lavoir avec leur petit char lourdement chargé de la lessive mensuelle. Sur les plans inclinés en granit, fixés sur les bords du bassin, elles frottaient le linge de couleur et le rinçaient dans l’eau glacée de la Meunière. Le linge blanc, lui, devait auparavant être cuit dans une couleuse, sur le potager de la cuisine, avant d’être rincé au lavoir situé devant l’ancienne laiterie, au sommet de la rue A.-Parchet. Une petite fresque, sur le bâtiment de la boucherie, nous rappelle ces valeureuses lavandières.

La Tannerie

Pour travailler les peaux, la tannerie utilisait l’eau de la Meunière, sorte de bisse qui traversait le village de l’usine électrique au canal des Chambettes et qui passait sous cette maison. Vers 1900, 14 petites entreprises utilisaient l’eau de cette Meunière.

 

Ruelle des Granges

ancien français graigne, granche, grange, grangeage, grangne / métairie

en roman granja, granga

du latin médiéval grangia / grange pour le grain et le fourrage


du bas-latin granea, grania

La grange est un bâtiment où l ́on portait autrefois les gerbes de céréales pour effectuer le battage. Actuellement, c’est le bâtiment d ́une exploitation agricole où l ́on entrepose la paille , le foin, etc

D'après Henry Suter Noms de lieux de Suisse romande

A Vouvry, toute la rue ainsi nommée était bordée de petites granges, cachées derrière les maisons situées sur la partie noble de la Grand-Rue. Près des granges se trouvaient aussi des étables avec leurs fumassières odorantes. On y trouvait aussi la forge de Monsieur Louis Parc


 

Sculpture Raboud (Rue de la GRAND-VIGNE)

VIGNE : plante à tige ligneuse et ordinairement tordue, qui produit le raisin ; par extension, terrain planté de ceps de vigne, vignoble

ancien occitan vinha latin vinea / vigne

D'après Henry Suter Noms de lieux de Suisse romande

Dans certaines régions, les vignes ont disparu, victimes du phylloxera, du petit âge glaciaire ou tout simplement pour laisser place aux constructions mais les toponymes ont survécu. C'est le cas de Vouvry qui a vu l'étendue de son vignoble considérablement diminuer au cours du siècle passé. Sur la petite place non loin du carrefour : Grand-Rue, Grand- Vigne, on peut admirer une sculpture d’un artiste de notre région,internationalement connu : Monsieur André Raboud. Cette œuvre en pierre de Collonges, H 230 x 500cm, intitulée Conversation sur la place date de 1986. Elle lui a été commandée par notre président d’alors, Bernard Dupont, (1933-1990) qui fut si soucieux d’embellir notre village.


 

Place des Moulins


Dans le bâtiment du fond de la place, un moulin à blé occupait le rez-de-chaussée, utilisant la force motrice de la Meunière qui passait sous la maison puis traversait la place. Le petit cours d’eau a été couvert en 1945.


La place des Moulins était très animée par le va-et-vient des chars de blé tirés par des chevaux puis par des tracteurs.


Le dernier meunier, Monsieur Marcel Fracheboud, a fermé le moulin en 1981.


Derrière l’immeuble du fond de la place, une petite construction abritait le moulin à huile de la Famille Levet, lui aussi actionné par l’eau de la Meunière. Tous les enfants du village allaient chercher le znion, résidu solide des noix pressées. Comme le moulin à blé, l’activité du pressoir à huile a cessé à la même époque.


 

Ruelle de la MEUNIERE


En français et au masculin meunier / personne qui possède ou qui exploite un moulin à céréales, une minoterie

ancien français molnier

bas latin molinarius


D'après Henry Suter Noms de lieux de Suisse romande


A Vouvry, la Meunière était un petit cours d’eau formé par une partie des eaux du Fossau, canalisées pour traverser le village, de l'écluse au-dessus de l’usine électrique au canal des Chambettes. Cette eau actionnait diverses roues à aubes: papeterie, scierie, moulins, cordonnerie, tannerie, forge, battoir... Au centre du village, devant la laiterie, un bassin élargi et couvert permettait aux lavandières de rincer leur linge à l’eau courante et fraîche!





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